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 Tri Nevers

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Sophie
Timide


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MessageSujet: Tri Nevers   Mer 9 Mar - 14:49

Le triathlon de Nevers le 14 aout 2016,
il y a des intéressés ?
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Jief T.
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MessageSujet: Re: Tri Nevers   Mer 13 Juil - 10:00

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benoist
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MessageSujet: Re: Tri Nevers   Jeu 4 Aoû - 16:11

Inscrit sur le M
et Félix sur le Tri jeunes
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Jief T.
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MessageSujet: Re: Tri Nevers   Lun 15 Aoû - 9:18

Benoist et Jief finissent le M 147 et 148èmes/255 en 2h52'54. Le premier en 1h58
Félix 3ème minime sur la course jeunes.
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Jief T.
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MessageSujet: Re: Tri Nevers   Lun 15 Aoû - 23:52

Celui-là, il a toujours quelque chose d’un peu spécial, et j’y arrive toujours avec un peu d’appréhension. Est-ce l’heure tardive du départ? La natation en canal? La course dans la course avec un chrono séparé sur le circuit de Magny-Cours ? L’interminable ligne droite du circuit CàP ?
J’arrive très en avance sur un parking où il n’y a pas la moindre place à l’ombre. Il fait 34°. Benoist est déjà là, Félix se rend à son podium. Heureusement, l’ombre se trouve au bord du canal où nous patientons. Pour les dossards, d’abord, pour avoir la température de l’eau ensuite. 26°5. Mauvaise nouvelle.
Dans le parc, il y a les petits chanceux qui ont une place à l’ombre, et les autres. Nous on est au soleil. La chaleur brûle les pieds, fait fondre le goudron qui tache les serviettes et souille les voûtes plantaires… Vite on se réfugie au frais pour attendre le briefing.
Un long défilé de bonshommes multicolores se rend au bord du canal en évitant de marcher sur la route pour ne pas se brûler… On se met à l’eau par petits paquets en se disant que c’est bien encore là qu’on sera le mieux… Ça dure quelques minutes. Après le départ des filles, les gars se rassemblent entre les deux bouées de départ, et ça dure. Une vase noirâtre remonte du fond pendant que tout le monde brasse en essayant de maintenir la tête au-dessus de l’eau pour ne pas tremper le nez là-dedans… Et ça dure, ça dure… Le bateau de l’arbitre repasse devant nous trois ou quatre fois pour faire reculer, tout le monde gueule, je retrouverai des tas de particules de crasse noire collées sur mon torse quand j’enfilerai des vêtements secs après la course. Vous avez dit « Nœud Vert »? Pire que ça ! Mais surtout inattendu car jusque là, je ne gardais pas de ce triathlon un souvenir de natation crade.
La différence entre le port de la combi et son absence, c’est qu’en plus de nager moins vite, d’être moins à plat sur l’eau, d’avoir des mouvements moins efficaces et plus gourmands en énergie, il n’y a rien pour amortir les chocs. Les gnons sont ressentis avec une acuité décuplée, et à des endroits où on ne sent rien d’habitude. Épaules, ventre, reins, flancs, tout y passe, les autres semblent se rapprocher à plaisir pour mieux me cogner, sûrs de leur force, comme si ça pouvait les rapprocher de la tête de course. Nous sommes 250, le canal ne fait pas 50m de large, les bouées sont à 10m du bord, pas plus, sans compter les étraves des bateaux à quai, et il y a deux tours et demi ! Pugilat, bousculade, monstrueux remue-ménage, mon faible niveau de natation m’oblige à côtoyer des gens auxquels ma combinaison me permet généralement d’échapper, et qui feront tout le parcours en brasse, m’envoyant sans vergogne leurs mains dans la figure et leurs pieds dans le ventre pendant 1870 mètres (d’après le GPS de Benoist, auquel notre long séjour dans l’eau semble donner raison). Comme une séance de piscine dans un bassin rempli de cachalots en une-pièce noir. Le premier et le deuxième tour se terminent par un passage de pas plus de deux mètres de large limité par une ligne d’eau qui empêche totalement de prendre ses aises. Horrifiant ! Épouvantable! Il n’y a pas d’adjectif assez cruel pour qualifier cet éprouvant parcours.
Mais bon, la natation n’est jamais que la partie qui dure le moins longtemps, et je retrouve bientôt Benoist, légèrement en avance sur moi dans le parc surchauffé. Benoist qui part un peu avant moi, et les brasseurs du TOS triathlon (maintenant je peux mettre un nom sur leur club, comme j’ai pu lire leur numéro sur leurs bonnets), qui partent, eux, en même temps que moi, et qui en plus de mal nager, ne savent pas non plus rouler. Après m’avoir doublé à 33 à l’heure, ils me bloquent à 30… Je prends le risque de les engueuler, l’un s’éloigne et je ne le verrai plus que de loin, l’autre reste bloqué, donc je lui passe devant et il se colle dans ma roue aussi sec. Deuxième engueulade, plus acerbe, avec une réponse à la limite de l’insulte, comme chez tous les cons à qui on ne peut jamais faire comprendre qu’ils sont cons. Heureusement, la route qui s’élève sur 4 longs kilomètres de faux-plat met un peu d’ordre dans tout ça, et je peux profiter de la qualité du parcours. Beaux paysages, mais surtout un parcours bien à l’ombre, qui ne chauffe pas trop, routes bien entretenues, peu de voitures, enfin un peu de plaisir ! J’ai deux bidons, un pour m’hydrater, un pour m’asperger, et je me sens plutôt bien. Je reprends Benoist juste avant Magny-Cours, et puis voilà un rond-point, un portail, un tapis de chronométrage… C’est déjà le circuit ? La première chose qui frappe, c’est l’absence totale d’ombre. Pas un arbre, pas même un buisson. La chaleur vous tombe dessus comme une chape de plomb. La deuxième, c’est cette irrésistible envie de foncer, cette large chaussée avec ses virages où l’on choisit comme on veut sa trajectoire, d’accord il y a du vent, d’accord une grosse partie se fait en faux-plat montant, mais quelle griserie ! Quel pied géant, même face aux tribunes vides, où le dernier virage, avec une chaussée qui s’élargit encore à la sortie, donne envie d’arriver à 300 à l’heure ! Rien que pour ça, je veux bien retourner nager dans leur goulet verdâtre où on ne voit même pas le bout de son coude ! Le retour se fait plutôt face au vent, mais sur un profil assez descendant, sauf deux ou trois petites bosses qui scotchent bien les organismes fatigués. Mais derrière, il y a la descente ! La dernière traverse un paisible village avec le petit radar qui vous indique: « Vous êtes à 47 » ! Un petit smiley clignote à côté des chiffres, comment ne pas s’empêcher aussi de rigoler ? Trop bon ! Une longue ligne droite le long du canal indique que c’est bientôt fini… Dernier virage… Et voilà qu’un nouveau boulet, du même club que les deux autres me passe devant. Et qu’est-ce qu’il fait devant, hein, qu’est-ce qu’il fait ? Gagné ! il enlève les pieds de ses chaussures ! Bon j’en profite pour en faire autant, pas grave après tout, on est arrivé. Et après, hein, après, qu’est-ce qu’il fait ? Ben il oublie d’appuyer sur les pédales ! Et il termine en roue libre, ou presque, comme une boule lyonnaise ou une pierre de curling. Seulement maintenant, il y a des cônes qui délimitent un passage étroit, comme en natation tout à l’heure, et je reste coincé derrière. Et il m’a doublé pour ça ! Derrière, ça gueule et ça dépasse. Bien que l’opération soit risquée, j’en fais autant. Vite, je sors mes pieds des chaussures, l’entrée du parc est déjà là, avec l’arbitre qui fait signe. Je prépare ma descente, j’ai le temps, j’enfourche la roue arrière pour poser le pied, et m !!!... J’accroche ma trifonction dans mon bec de selle. Saloperie ! Au secours !... Mouvement inverse, re-passage de jambe par-derrière le vélo avec cette fois un peu plus d’amplitude et les mains aux freins… Ouf, ça passe, je pose le pied à quelques centimètres de la ligne. Celle-là, elle ne m’était encore jamais arrivée. Comme quoi, on en apprend tous les jours.
Bon, ça va ? Vous en avez pas marre ? Parce qu’il y a encore la CàP ! Allez boire une petite bière, si ça commence à faire un peu long, je vous attends au début du paragraphe suivant.
Le vainqueur passe la ligne au moment où je quitte le parc pour une espèce de footing en semelles de plomb. Je sais que la partie la plus dure est le premier kilomètre, en plein cagnar, qui passe dans l’ancienne piscine (à sec, taguée, triste et sale), contourne le port et longe le quai opposé. Il est 19h, le parcours passe devant un restaurant où les gens cassent la croûte en terrasse en nous lorgnant d’un œil amusé. Pour un peu, je leur taxerais bien une bière. D’autres l’ont peut-être fait. Arrive le premier pont, où le 2ème tour rattrape le premier, suivi d’une longue et belle allée bordée de grands et beaux arbres. L’ombre qu’ils projettent en cette heure tardive est une bénédiction. Au km 2, premier ravitaillement. Il y a de l’eau, des raisins secs, je prends tout mon temps avant de repartir dans cette longue ligne droite, dépassé par des flèches entamant leur deuxième tour, dépassant aussi des gens plus ou moins dans l’incapacité de courir, crevés, esquintés, et même parfois d’autres courant, mais encore moins vite que moi. Au demi-tour, je vois Benoist sur la rive d’en face, et d’après mes estimations, il me dépassera avant la mi-parcours. C’est chose faite un peu après le pont et la prise de collier. On échange quelques mots d’encouragement, mais mes jambes lourdes ont du mal à soulever mes pieds et je ne peux pas faire autrement que de le laisser partir. Au km 6, je m’arrête longuement au ravito et marche une centaine de mètres. Et là, un déclic s’opère quand je repars, je retrouve miraculeusement ma foulée habituelle, et, du même coup, ma vitesse d’entrainement, celle à laquelle je sais que je peux courir deux heures sans faiblir. C’est des sensations qui ne s’expliquent pas. Je me sens bien, comme si j’avais dépassé la fatigue ou que je commençais seulement mon footing, je redépasse un à un tous ceux qui m’avaient repris pendant ma pause ravito. Un groupe de vététistes me double avec lenteur, Benoist est cent mètres devant, il a l’air de coincer, je me rapproche… Il reste à passer le pont où nous avons fait demi-tour et filer tout droit. Au km 9,5 je suis à sa hauteur, je ralentis un peu, il accélère à peine pour être dans ma foulée, il doit serrer les dents, ça doit lui faire mal mais il s’accroche et ça tient : personne à rattraper, ils sont trop loin devant ; personne derrière, on va trop vite pour eux. On est tout seuls, comme à l’entrainement, où on arrive à s’échauffer à la même vitesse… et on finit ensemble, salués par le speaker, fatigués, mais contents, au point d’en oublier la chaleur, l’horrible natation, et même la pénurie de ravitaillement où il ne reste plus que des trucs secs genre céréales, tucs et pain d’épices, alors qu’on n’a plus une goutte de salive. Plus un bout de pastèque, des restants de quartiers de pomme et d’orange trainent dans des assiettes peu ragoutantes, au fond qui colle… Amère constatation que si t’es pas dans les 100 premiers, il faut aussi amener ton sandwich. Heureusement, il reste du coca bien frais, et ça fait du bien. J’en reprends deux fois malgré le regard réprobateur de la bénévole qui remplit mon verre comme à regret. Je sens que si on finit au-delà de la 200ème place, il faudra aussi amener sa bouteille.
Un peu frustré quand même, je récupère mon vélo et retourne me rhabiller à ma voiture en essayant de mâchonner un bout de pain d’épice qui ne veut pas descendre. Habillé, rincé, décrassé, je retourne au podium pour le tirage au sort du cadre Look. Miracle ! Maintenant qu’il ne reste plus que très peu de concurrents en course, les assiettes du ravito se sont remplies de quartiers de pommes d’orange ! J’y tape goulûment, ça fait du bien, même si j’aurais préféré de la pastèque.
Bien sûr, je n’ai rien gagné, je ne gagne jamais rien aux tirages au sort, sauf le jour où je serai déjà parti, je suppose.
Reste à rentrer à la maison, pas 100% satisfait ni 100% déçu, avec un sentiment que c’était pas si mal que ça mais que ça pouvait être mieux… ou que c’était super, mais pas complètement quand même. C’est fait après deux heures et demie de route, il est minuit, mais le temps de tout ranger, me doucher, manger quelque chose... ça m’amène au lit à une heure du matin. Dans le frigo, il y avait une assiette remplie de morceaux tout découpés en quarts de cercles rouges et verts d’une épaisse pastèque bien ronde et bien juteuse. Finalement, c’était plutôt une bonne journée.
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Vanou
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MessageSujet: Re: Tri Nevers   Mar 16 Aoû - 0:18

Chouette récit, il m'a bien fait rire !! thumleft

_________________
Qui ne tente rien n'a rien tongue
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AMV
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MessageSujet: Re: Tri Nevers   Mar 16 Aoû - 11:33

Jief T. a écrit:
Celui-là, il a toujours quelque chose d’un peu spécial, et j’y arrive toujours avec un peu d’appréhension. Est-ce l’heure tardive du départ? La natation en canal? La course dans la course avec un chrono séparé sur le circuit de Magny-Cours ? L’interminable ligne droite du circuit CàP ?
J’arrive très en avance sur un parking où il n’y a pas la moindre place à l’ombre. Il fait 34°. Benoist est déjà là, Félix se rend à son podium. Heureusement, l’ombre se trouve au bord du canal où nous patientons. Pour les dossards, d’abord, pour avoir la température de l’eau ensuite. 26°5. Mauvaise nouvelle.
Dans le parc, il y a les petits chanceux qui ont une place à l’ombre, et les autres. Nous on est au soleil. La chaleur brûle les pieds, fait fondre le goudron qui tache les serviettes et souille les voûtes plantaires… Vite on se réfugie au frais pour attendre le briefing.
Un long défilé de bonshommes multicolores se rend au bord du canal en évitant de marcher sur la route pour ne pas se brûler… On se met à l’eau par petits paquets en se disant que c’est bien encore là qu’on sera le mieux… Ça dure quelques minutes. Après le départ des filles, les gars se rassemblent entre les deux bouées de départ, et ça dure. Une vase noirâtre remonte du fond pendant que tout le monde brasse en essayant de maintenir la tête au-dessus de l’eau pour ne pas tremper le nez là-dedans… Et ça dure, ça dure… Le bateau de l’arbitre repasse devant nous trois ou quatre fois pour faire reculer, tout le monde gueule, je retrouverai des tas de particules de crasse noire collées sur mon torse quand j’enfilerai des vêtements secs après la course. Vous avez dit « Nœud Vert »? Pire que ça ! Mais surtout inattendu car jusque là, je ne gardais pas de ce triathlon un souvenir de natation crade.
La différence entre le port de la combi et son absence, c’est qu’en plus de nager moins vite, d’être moins  à plat sur l’eau, d’avoir des mouvements moins efficaces et plus gourmands en énergie, il n’y a rien pour amortir les chocs. Les gnons sont ressentis avec une acuité décuplée, et à des endroits où on ne sent rien d’habitude. Épaules, ventre, reins, flancs, tout y passe, les autres semblent se rapprocher à plaisir pour mieux me cogner, sûrs de leur force, comme si ça pouvait les rapprocher de la tête de course. Nous sommes 250, le canal ne fait pas 50m de large, les bouées sont à 10m du bord, pas plus, sans compter les étraves des bateaux à quai, et il y a deux tours et demi ! Pugilat, bousculade, monstrueux remue-ménage, mon faible niveau de natation m’oblige à côtoyer des gens auxquels ma combinaison me permet généralement d’échapper, et qui feront tout le parcours en brasse, m’envoyant sans vergogne leurs mains dans la figure et leurs pieds dans le ventre pendant 1870 mètres (d’après le GPS de Benoist, auquel notre long séjour dans l’eau semble donner raison). Comme une séance de piscine dans un bassin rempli de cachalots en une-pièce noir. Le premier et le deuxième tour se terminent par un passage de pas plus de deux mètres de large limité par une ligne d’eau qui empêche totalement de prendre ses aises. Horrifiant ! Épouvantable! Il n’y a pas d’adjectif assez cruel pour qualifier cet éprouvant parcours.
Mais bon, la natation n’est jamais que la partie qui dure le moins longtemps, et je retrouve bientôt Benoist, légèrement en avance sur moi dans le parc surchauffé. Benoist qui part un peu avant moi, et les brasseurs du TOS triathlon (maintenant je peux mettre un nom sur leur club, comme j’ai pu lire leur numéro sur leurs bonnets), qui partent, eux, en même temps que moi, et qui en plus de mal nager, ne savent pas non plus rouler. Après m’avoir doublé à 33 à l’heure, ils me bloquent à 30… Je prends le risque de les engueuler, l’un s’éloigne et je ne le verrai plus que de loin, l’autre reste bloqué, donc  je lui passe devant et il se colle dans ma roue aussi sec. Deuxième engueulade, plus acerbe, avec une réponse à la limite de l’insulte, comme chez tous les cons à qui on ne peut jamais faire comprendre qu’ils sont cons. Heureusement, la route qui s’élève sur 4 longs kilomètres de faux-plat met un peu d’ordre dans tout ça, et je peux profiter de la qualité du parcours. Beaux paysages, mais surtout un parcours bien à l’ombre, qui ne chauffe pas trop, routes bien entretenues, peu de voitures, enfin un peu de plaisir ! J’ai deux bidons, un pour m’hydrater, un pour m’asperger, et je me sens plutôt bien. Je reprends Benoist juste avant Magny-Cours, et puis voilà un rond-point, un portail, un tapis de chronométrage…  C’est déjà le circuit ? La première chose qui frappe, c’est l’absence totale d’ombre. Pas un arbre, pas même un buisson. La chaleur vous tombe dessus comme une chape de plomb. La deuxième, c’est cette irrésistible envie de foncer, cette large chaussée avec ses virages où l’on choisit comme on veut sa trajectoire, d’accord il y a du vent, d’accord une grosse partie se fait en faux-plat montant, mais quelle griserie ! Quel pied géant, même face aux tribunes vides, où le dernier virage, avec une chaussée qui s’élargit encore à la sortie, donne envie d’arriver à 300 à l’heure ! Rien que pour ça, je veux bien retourner nager dans leur goulet verdâtre où on ne voit même pas le bout de son coude ! Le retour se fait plutôt face au vent, mais sur un profil assez descendant, sauf deux ou trois petites bosses qui scotchent bien les organismes fatigués. Mais derrière, il y a la descente ! La dernière  traverse un paisible village avec le petit radar qui vous indique:  « Vous êtes à 47 » ! Un petit smiley clignote à côté des chiffres, comment ne pas s’empêcher aussi de rigoler ? Trop bon ! Une longue ligne droite le long du canal indique que c’est bientôt fini… Dernier virage… Et voilà qu’un nouveau boulet, du même club que les deux autres me passe devant. Et qu’est-ce qu’il fait devant, hein, qu’est-ce qu’il fait ? Gagné ! il enlève les pieds de ses chaussures ! Bon j’en profite pour en faire autant, pas grave après tout, on est arrivé. Et après, hein, après, qu’est-ce qu’il fait ? Ben il oublie d’appuyer sur les pédales ! Et il termine en roue libre, ou presque, comme une boule lyonnaise ou une pierre de curling. Seulement maintenant, il y a des cônes qui délimitent un passage étroit, comme en natation tout à l’heure, et je reste coincé derrière. Et il m’a doublé pour ça ! Derrière, ça gueule et ça dépasse. Bien que l’opération soit risquée, j’en fais autant. Vite, je sors mes pieds des chaussures, l’entrée du parc est déjà là, avec l’arbitre qui fait signe. Je prépare ma descente, j’ai le temps,  j’enfourche la roue arrière pour poser le pied, et m !!!... J’accroche ma trifonction dans mon bec de selle. Saloperie ! Au secours !... Mouvement inverse, re-passage de jambe par-derrière le vélo avec cette fois un peu plus d’amplitude et les mains aux freins… Ouf, ça passe, je pose le pied à quelques centimètres de la ligne. Celle-là, elle ne m’était encore jamais arrivée. Comme quoi, on en apprend tous les jours.
Bon, ça va ? Vous en avez pas marre ? Parce qu’il y a encore la CàP ! Allez boire une petite bière, si ça commence à faire un peu long, je vous attends au début du paragraphe suivant.
Le vainqueur passe la ligne au moment où je quitte le parc pour une espèce de footing en semelles de plomb. Je sais que la partie la plus dure est le premier kilomètre, en plein cagnar, qui passe dans l’ancienne piscine (à sec, taguée, triste et sale), contourne le port et longe le quai opposé. Il est 19h, le parcours passe devant un restaurant où les gens cassent la croûte en terrasse en nous lorgnant d’un œil amusé. Pour un peu, je leur taxerais bien une bière. D’autres l’ont peut-être fait. Arrive le premier pont, où le 2ème tour rattrape le premier, suivi d’une longue et belle allée bordée de grands et beaux arbres. L’ombre qu’ils projettent en cette heure tardive est une bénédiction.  Au km 2, premier ravitaillement. Il y a de l’eau, des raisins secs, je prends tout mon temps avant de repartir dans cette longue ligne droite, dépassé par des flèches entamant leur deuxième tour, dépassant aussi des gens plus ou moins dans l’incapacité de courir, crevés, esquintés, et même parfois d’autres courant, mais encore moins vite que moi. Au demi-tour, je vois Benoist sur la rive d’en face, et d’après mes estimations, il me dépassera avant la mi-parcours. C’est chose faite un peu après le pont et la prise de collier. On échange quelques mots d’encouragement, mais mes  jambes lourdes ont du mal à soulever mes pieds et je ne peux pas faire autrement que de le laisser partir. Au km 6, je m’arrête longuement au ravito et marche une centaine de mètres. Et là, un déclic s’opère quand je repars, je retrouve miraculeusement ma foulée habituelle, et, du même coup, ma vitesse d’entrainement, celle à laquelle je sais que je peux courir deux heures sans faiblir. C’est des sensations qui ne s’expliquent pas. Je me sens bien, comme si j’avais dépassé la fatigue ou que je commençais seulement mon footing, je redépasse un à un tous ceux qui m’avaient repris pendant ma pause ravito. Un groupe de vététistes me double avec lenteur, Benoist est cent mètres devant, il a l’air de coincer, je me rapproche… Il reste à passer le pont où nous avons fait demi-tour et filer tout droit. Au km 9,5 je suis à sa hauteur, je ralentis un peu, il accélère à peine pour être dans ma foulée, il doit serrer les dents, ça doit lui faire mal mais il s’accroche et ça tient : personne à rattraper, ils sont trop loin devant ; personne derrière, on va trop vite pour eux. On est tout seuls, comme à l’entrainement, où on arrive à s’échauffer à la même vitesse… et on finit ensemble, salués par le speaker, fatigués, mais contents, au point d’en oublier la chaleur, l’horrible natation, et même la pénurie de ravitaillement où il ne reste plus que des trucs secs genre céréales, tucs et pain d’épices, alors qu’on n’a plus une goutte de salive. Plus un bout de pastèque, des restants de quartiers de pomme et d’orange trainent dans des assiettes peu ragoutantes, au fond qui colle… Amère constatation que si t’es pas dans les 100 premiers, il faut aussi amener ton sandwich. Heureusement, il reste du coca bien frais, et ça fait du bien. J’en reprends deux fois malgré le regard réprobateur de la bénévole qui remplit mon verre comme à regret. Je sens que si on finit au-delà de la 200ème place, il faudra aussi amener sa bouteille.
Un peu frustré quand même, je récupère mon vélo et retourne me rhabiller à ma voiture en essayant de mâchonner un bout de pain d’épice qui ne veut pas descendre. Habillé, rincé, décrassé, je retourne au podium pour le tirage au sort du cadre Look. Miracle ! Maintenant qu’il ne reste plus que très peu de concurrents en course, les assiettes du ravito se sont remplies de quartiers de pommes d’orange ! J’y tape goulûment, ça fait du bien, même si j’aurais préféré de la pastèque.
Bien sûr, je n’ai rien gagné, je ne gagne jamais rien aux tirages au sort, sauf le jour où je serai déjà parti, je suppose.
Reste à rentrer à la maison, pas 100% satisfait ni 100% déçu, avec un sentiment que c’était pas si mal que ça mais que ça pouvait être mieux…  ou que c’était super, mais pas complètement quand même. C’est fait après deux heures et demie de route, il est minuit, mais le temps de tout ranger, me doucher, manger quelque chose... ça m’amène au lit à une heure du matin. Dans le frigo, il y avait une assiette remplie de morceaux tout découpés en quarts de cercles rouges et verts d’une épaisse pastèque bien ronde et bien juteuse. Finalement, c’était plutôt une bonne journée.
20/20 salut
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Tri Nevers
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