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 Grand raid 2015

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Gosia
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 26 Oct - 8:08

Un grand merci pour vos encouragements. Si quelqu'un a des astuces pour soigner des ampoules, je prends !
je pense que je gagne pour les pieds les plus moches.
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trinatmath
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 26 Oct - 9:11

Gosia a écrit:
Un grand merci pour vos encouragements. Si quelqu'un a des astuces pour soigner des ampoules, je prends !
je pense que je gagne pour les pieds les plus moches.

Les percer en laissant la peau, et faisant passer un fil de pêche de pars et d'autres pendant une nuit, et après enlever au réveil et ça repars nickel. On enlève la peau que quand elle est bien sèche, même si c'est que dans 10 jours.
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DIO
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 26 Oct - 9:21

TOTAL RESPECT. Rien à dire en sus !
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francoisl
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 26 Oct - 14:22

trinatmath a écrit:
Gosia a écrit:
Un grand merci pour vos encouragements. Si quelqu'un a des astuces pour soigner des ampoules, je prends !
je pense que je gagne pour les pieds les plus moches.

Les percer en laissant la peau, et faisant passer un fil de pêche de pars et d'autres pendant une nuit, et après enlever au réveil et ça repars nickel. On enlève la peau que quand elle est bien sèche, même si c'est que dans 10 jours.
Oui mais la c'est un peu plus compliqué ! Voir pas beau ! 😄
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Vanou
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 26 Oct - 17:40

Un grand bravo à vous tous !
Bande de dingues !! dwarf

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francoisl
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 9 Nov - 7:56

C’était quoi l’idée de s’engager sur cette diagonale ? Profiter de deux semaines au soleil, se lancer un nouveau défi, avoir l’audace de doubler UTMB et grand raid ? Un mélange de tout ça en fait, et comme dans les plats épicés, il allait falloir trouver la juste mesure pour prendre plaisir à cette traversée de l’ile sans se bruler et rester suffisamment en forme pour le reste du séjour.
Départ tardif à 22h le jeudi après un énorme bordel/bousculade pour déposer nos 3 sacs d’allègement.
J’ai une pensée pour Seb qui aurai aimé être là mais qui redoute ces départs tardifs. Belle averse tropicale juste avant le coup de fusil et départ pour ce qui doit être une belle aventure. Nous sommes tous les 5 un peu trop loin dans le peloton et avec Fred nous décidons de partir assez vite pour éviter les bouchons dans le premier rétrécissement. Il fait chaud et humide, j’ai la sensation d’être oppressé par cette foule et n’ai qu’une envie c’est de vite avoir de l’espace, de l’air, quitter l’agglomération, et être en pleine nature. Nous restons bien ensemble, les 8 premières heures se passent super bien, je cherche l’aisance dans la progression, je sais très bien qu’il faut à la fois rester très prudent mais aussi ne pas perdre de temps. Content d’avoir passé cette première nuit, je vomi ! Arrivée à Mare à bout, deux belles gerbes sur le bord du chemin, pourtant je me suis alimenter correctement, j’ai bu, mangé. Je repense à l’Utmb où j’ai eu ce même souci. Fait chier ! En plus je ne peux résister au rougail saucisse du ravito que je vais rejeter dans l’ascension suivante. Fred est bien, moi mal, je lui demande de ne pas m’attendre, pas envie d’être le boulet et je sais que c’est à moi seul de gérer ce problème. La montée est longue et dure et je manque cruellement de forces, je dois même faire une petite sieste de 10’ le long du chemin. Je perds 200 places jusqu’à Cilaos et presque 1h sur Fred. La descente est terrible, on perd 800m en 2kms ! Je passe par la case toubib, petit test d’hydratation, de tension, je ne suis pas trop amoché mais je vais en profiter pour essayer de dormir 20’ bercé par la musique créole à donf ! Je passe à la soupe vermicelle, maillot et chaussettes propre, nok sur les pieds. Pas d’ampoule, aucune douleur précise, la course continue ! Les montées sont sévères, les descentes terribles, l’inclinaison des pentes se rapproche du degré de rhum Charrette ! Juste avant le col du taibit et la bascule dans le cirque de Mafate sans possibilité d’abandon, je tente les dattes et l’eau gazeuse au ravito que je renvoie aussitôt. Un secouriste me questionne un peu sur mon triste état et juge ma capacité à continuer. Comprenant ma motivation il m’ordonne de partir vite me donne une soupe que j’ai de plus en plus de mal à supporter. Encore un jolie col à franchir avec une merveilleuse découverte à mi-chemin. Au milieu de la forêt une grosse marmite sur un feu de bois avec une bonne tisane, mélange de fleurs jaunes, citronnelle et géranium. Quel bonheur, enfin un autre gout qui fait oublier le coca, la soupe, c’est chaud, acidulé, une jeune fille nous sert, un rasta s’occupe du feu, je suis dans un autre monde. Je rallume mon tel de temps en temps, j’ai des nouvelles des filles et de Christophe, Seb ne dort pas, il suit et envoie des messages sans arrêt, ça fait du bien. Les vomis se succèdent, j’arrive tant bien que mal à faire passer un gel de temps en temps et je réfléchi sur ce que je vais pouvoir absorber sur les prochains ravitos. Et là lumière ! Des petits beurres ! Du thé et des petits beurres ! Le chemin est très engagé, certains passages presque dangereux nécessitent prudence et lucidité. J’arrive dans le chouette village de Marla, des cases pleines de couleurs, pas de voiture puisque pas de route dans ce cirque. Je m’allonge un peu dans l’herbe et une gentille infirmière m’amène gentiment un bon thé sucré et 5 petits beurres. J’essaye, doucement, c’est bon mais je suis prudent, j’ai peur et je sais que je joue un peu ma dernière carte sur cette course. Et là miracle, je garde tout, j’ai presque envie de l’embrasser, j’en redemande, orgie de petits beurres. Du coup je repars en combattant, je sais que Fred a prévu de s’arrêter presqu’une heure prochainement et j’imagine possible de le rejoindre pour repartir ensemble. J’avance plutôt bien, la deuxième nuit fait son apparition et à ilet à bourse je n’aspire qu’à une chose dormir ! Les tentes de repos sont complètes, je me laisse juste tomber dans l’herbe, je règle mon réveil sur 20’, un bénévole qui a sans doute pitié de moi me borde d’une couverture de survie et je m’endors comme un bébé. On m’avait parlé de la gestion du sommeil, des siestes préventives et j’en rigole tout seul. Aucune gestion, juste attendre le moment où le dodo est indispensable, rien de plus. Je suis bien dans la chaleur de cette couverture, un peu difficile de se remettre en route mais surprise, Fred est là, il s’est accordé une sieste plus longue et c’est un vrai plaisir de ne pas repartir seul dans la nuit. Nous devenons des compagnons d’infortune, nous prenons la direction du dernier point de contrôle avant de sortir de Mafate par le gros col de Maido. Dans une descente jugé difficile et dangereuse, je me lâche, c’est en regardant une vidéo à mon retour que je prendrai conscience des risques. Arrêt repos au ravito, j’y arrive un peu avant lui et je me couche et m’endort instantanément sur un carton. Je règle 30’, un vrai bonheur et je le réveille avec des petits beurres, je suis content de lui faire partager ce petit plaisir simple. Un gros col pour sortir de ce cirque, pour sortir de la nuit et pour passer à la seconde partie de la course que j’imagine plus facile. Je pars devant, je monte au train mais plutôt bien, petit coup de fil de Muriel qui semble dans le dur et parler à son mari lui fait du bien, je fini l’ascension seul et décide d’attendre en haut et remotive un peu mon copain qui parle d’abandon.Le lever du jour sur Mafate est superbe, certainement un des plus beaux moments de cette course. Il arrive une vingtaine de minute plus tard, je me suis déjà changé, je laisse dans un sac tous mes gels, barres qui ne font que m’alourdir, je pars seul, Fred décide de se reposer vraiment pour affronter la fin de course. Déjà 112kms, seulement 112kms et 32h de course. Ça parait incroyable, je suis dans un autre espace-temps ! je n’ai mal nulle part, toujours pas la moindre trace de tendinite, d’ampoule, les jambes fonctionnent bien puisque c’est le manque d’énergie qui limite ma vitesse. Très longue descente que je cours en partie, je regarde l’altimètre qui descend doucement et je m’oblige à courir des paliers de 100 m puis marcher un peu et recommencer. Il fait chaud, très chaud même, la matinée avance et on se rapproche du niveau de la mer. Je prends la décision de ne plus m’arrêter, plus de sieste, ça suffit ! Nouveau petits beurres-thé et je repars en envisageant une fin de course rapide. Il reste 40 kms et après un rapide calcul j’imagine bien 8h et une arrivée en fin d’après-midi, un retour à la maison et une baignade dans le lagon. Mais c’était sans compter sur le type qui a tracé ce parcours et voulu que ça reste la course la plus dure ! Mais pourquoi passer par ces chemins qui n’en sont pas, pourquoi emprunter ces ravines où il faut s’accrocher aux branches, escalader des rochers ? Je repense à mon tableau prévisionnel et comprends qu’il va me falloir 11h pour envisager terminer. Mais je m’en fou, je sais qu’a coup de petits beurres j’y parviendrais, impossible maintenant d’abandonner là, la déception serait trop grande, en plus j’ai une marge énorme sur la barrière horaire ce qui me laisse à l’abri d’un pépin. Je tiens bon, je marche vite, je cours, je marche, je m’asperge à la moindre occasion, je fais une razzia de LU à chaque occasion et je progresse. Je rattrape même quelques concurrents, j’en suis même à contrôler ma position à chaque pointage et ça je sais que c’est bon signe, je suis dans ma course et j’aime ça. Mais les positions ne bougeront plus beaucoup, ceux qui m’accompagnent sont grossièrement dans le même état que moi. Nous devenons compagnons de route plutôt que concurrents. A force d’observation des coureurs locaux je comprends la technique du « je cours en prenant appui sur le sommet des obstacles et pas dans les creux », c’est léger, efficace. Chemin des Anglais, chemin pavé de grosses pierres noires, qui monte puis descend. Il fait chaud, très chaud, des chevaux apparaissent sur le bord du chemin, des chiens aussi, puis ils disparaissent. Je suis déjà venu ici, je connais, c’est un chemin que les Anglais ont construit il y a longtemps pour que les belles anglaises puissent se balader le dimanche sous leurs ombrelles. Hallucination! T’es jamais venu là mon pote et y’a pas plus de chien que d’anglaises endimanchées !
Contrairement à l’utmb je n’ai vu personne pendant ces longues heures et ça m’a un peu manqué, ça retire l’objectif d’arriver vite à un point pour y retrouver le soutient de têtes connus, mais je vous remercie de tous les petits sms ou messages auquel je n’ai pas répondu. Sincèrement ça aide. Et puis à l’avant dernier ravito, Laurence m’attend, c’est un peu une surprise même si j’envisageais un peu sa présence. Elle est un peu étonné par ma nouvelle passion des petits biscuits Nantais, j’avais un peu caché mes problèmes gastriques. Grande Chaloupe 42h de course, j’en ai encore pour 4h je le sais avec le plaisir de remettre une dernière fois ma frontale. Il pleut dans la montée de colorado et mes pompes glissent mais ce n’est rien par rapport à ce qui m’attend dans la dernière descente. Pourquoi cette pluie, y’avait vraiment pas besoin, c’est suffisamment difficile comme ça. Colorado, dernier ravito, je l’attendais celui-là ! La nuit est tombé, je me laisse tenter par une pompote, c’est frais, c’est bon. Mais re-dégueulade, j’en rigole, je sais que c’est la dernière. Plus que 4 kms de descente ! 1h40 ! Putain 1h40 de boue, de glissade. Je vois maintenant les lumières du stade de la redoute, je regarde le chrono il faut que je trouve une motivation pour finir vite. 45h40, si je me sors les doigts je passe sous les 46h ! N’importe quoi mon pauvre, 20’ de plus pour sortir de ce piège ! Du plat, un chemin plat sans trou sans bosses qui ne glisse pas ! Je cours, je cours, impossible de rentrer dans ce stade en marchant. Je pense même à Camille et retire mon bandana pour la dernière photo. Délivrance, 46h21, vite mon Schweppes, j’en rêve depuis 20h. Même pas une douche, je ne retire même pas mes pompes, je me glisse sur un sac poubelle dans la voiture et vite rentrer pour une vraie salle de bain, un vrai repas, un bon lit !
Mais la course n’est pas fini, il y a Fred qui va arriver dans la nuit et Maguy, Muriel et Christophe le lendemain après plus de 60h. Vite se lever pour aller les accueillir, dans l’euphorie de l’après course, je mange, je bois, je cours les derniers mètres avec eux, 5/5 tout le monde à l’arrivée, mission rempli. J’aurai souvent dit trop dur, trop technique pour moi, plus jamais et puis on digère, le corps est si tolérant et oubli si vite les souffrances qu’on lui inflige alors je sais que j’y retournerai, pas tout de suite mais j’y retournerais.

En prime une vidéo sympa dans le gros du peloton :
https://m.youtube.com/watch?v=zZe499tbNzU&feature=share
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Brice GILLAIZEAU
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 9 Nov - 8:37

Seulement deux mots : Respect - Bravo à toi mais aussi a vous 5.
Merci beaucoup pour ce compte rendu François…..Ca me donnerai presque envie. Prévient moi TRES longtemps à l'avance si tu y retourne.

J'attends maintenant avec impatience le récit de Christophe et Maguy.
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Yoyo de Bonnée
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 9 Nov - 9:46

Je sais pas quoi dire pour exprimer mon admiration.

Chapeau bas.... thumleft
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PHIL
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 9 Nov - 10:49

tu devrais songer à la BARKLEY dans le Tennessee ... plutôt que de recommencer la Diagonale.
Moi je dis ça c'est pour toi ... mon héros!! I love you I love you

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PHIL
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Mag
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 9 Nov - 11:16

Ton CR donne vraiment envie de la faire cette course de ouf.
Bon avant, j'essaie l'UTMB Smile

Mais préviens quand tu comptes y retourner, cette fois on ne vous laisse pas y aller seul.
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Vanou
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 9 Nov - 12:19

Super récit !
Encore bravo cheers

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stephan
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 9 Nov - 12:50

Enorme … et encore, je pense que tu es discret sur la difficulté engnedrée par les changements incessants de climats, de dénivelés et de sols … ce qui rend la course particulièrement compliquée !

La prochaine fois, je te suggère de la faire "a jeun" car tu as déjà oublié tes premiers mots à l'arrivée "Plus jamais, c'est trop dur" Mr.Red Mr.Red Mr.Red

Bisous I love you
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Jief T.
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 9 Nov - 16:58

Merci, François de nous offrir ce beau récit. J'ai beaucoup pensé à votre petit groupe durant ces trois longues journées, mais finalement, ce que je vais surtout en retenir tient dans ta dernière phrase: "et puis on digère, le corps est si tolérant et oubli si vite les souffrances qu’on lui inflige"... Admirable, et tellement vrai! Tous, nous nous sommes dit: "Plus jamais ça!"... Et le lendemain, nous étions déjà au taquet!
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AMV
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Mar 10 Nov - 16:55

Je reste admiratif et sans mot devant un tel exploit que j'aurais aimé réaliser il y a quelques années et qui restera à jamais un grand regret. Même si certains se demanderont toujours à quoi cela sert et que vont y chercher François, Christophe, Magy et les autres, je citerais sans forfanterie ni pédantisme, mais parce qu'il le dit mieux que je ne saurais le faire:
- Bergson : l'effort est pénible, mais il est aussi précieux, plus précieux encore que l'oeuvre où il aboutit, parce que, grâce à lui, on a tiré de soi plus qu'il n'y avait, on s'est hissé au-dessus de soi-même.

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Rui
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Mar 10 Nov - 19:36

Normalement les CR qui font des tartines je les zap direct,
Mais la, c'est de la littérature!!!
Grand bravo à vous ( Christophe, la Polonaise et à ta Françoise thumright )
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CHRISTOPHE H
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Ven 20 Nov - 15:02

La maturation a été un peu longue, voici le récit de mes 60h de courses.

L’objectif de faire le grand raid en 2015 était double, le plus important, accompagner Margarette dans sa course pour lui donner toutes les chances de finir son challenge pour ses 50 ans. Et puis, refaire une course déjà finie en 2012, courue avec Fred avec pluie et boue pendant la première journée.
Doubler UTMB et diagonale la même année était aussi un beau challenge. Certains pensaient que cela ferait trop, que la fatigue serait trop importante pour aborder la seconde course. J’avais fait la même chose en 2012. La TDS courue en août, avec pluie et neige m’avait bien préparé au grand raid. Premier objectif rempli donc.
Donc nous voilà de retour à la Réunion, dans une maison à 50 m du lagon où nous pouvons profiter avec François, Laurence, Fred, Muriel et Margarette de bons moments avant la course. Nous y fêtons d’ailleurs les 50 ans de Margarette, champagne le soir sur la plage, ça le fait bien !!
La course a lieu du jeudi soir au dimanche 16h30 pour les plus lents, notre objectif étant avant tout de finir la course.
Le retrait des dossards le mercredi, de longues files d’attentes. 2650 inscrits sur le grand raid !
Jeudi, pas grand-chose à faire. Départ à 18h45 en bus pour le lieu de rassemblement de la course, à St Pierre au sud- ouest de l’île. L’objectif est de rallier St Denis, au nord, 164 km plus loin, le tout en moins de 66h30. Avec au passage, un peu plus de 10 000 m de dénivelé positif !!
Le dépôt des sacs est un bordel innommable, ça s’était beaucoup mieux passé il y a 3 ans. Ca provoque bousculade et piétinement inutiles à ce moment de la journée. Une belle averse ensuite pour nettoyer la zone de départ et le départ est donné à 22h.
Le planning de course prévoit que Fred et François partent devant et moi j’accompagne Margarette et Muriel pendant toute la course. Nous essayons de ne pas trop nous mettre derrière à cause des futurs bouchons possibles. Mais c’est difficile, on est beaucoup  à vouloir faire la même chose.
Le départ se passe bien, on court sur un bon rythme. C’est assez incroyable de courir au milieu de centaines de spectateurs qui nous applaudissent et nous encouragent.  Les premiers km sont assez roulants, les filles suivent bien. Nous arrivons au premier ravitaillement, 14 km, avec 15 mn d’avance sur le planning de course. Tout va bien, le rythme est bon. Mais là, la grosse galère, on pensait être dans la première moitié des coureurs mais on s’est rendu compte qu’on est parti de trop loin et qu’on est finalement au-delà de la 2000ème place. Ça veut dire qu’il y a beaucoup de monde devant. Et on va en voir les conséquences rapidement. Après ce ravito, commence une longue monotrace dans la forêt, impossible de doubler. Et là, gros bouchon, on avance plus, il fait nuit, aucune info mais on reste bloqué sans avancer ou très peu pendant de très longues minutes. On apprendra plus tard qu’un coureur s’est fracturé la jambe dans un passage délicat, ce qui a occasionné le bouchon. Au final, on estime avoir perdu ici environ 2h30 à 3h. Ce qui est embêtant c’est que ça arrive très (trop) tôt dans la course, on va avoir à courir après le temps désormais. Effectivement, on arrive à la barrière horaire suivante avec 30 mn d’avance au lieu de 2h30 à 3h suivant les cas. On va trainer ce handicap pendant toute la première partie de la course, on ne pourra pas observer de longues plages de repos !!
La suite se passe mieux, le soleil se lève sur de superbes paysages, on arrive à 8h14 au point culminant de la course, Piton textor, à 2165 m. Les jambes vont bien, on cale le rythme sur celui des filles, je pars un peu devant de temps en temps et les attends. Le temps est sec, le sol aussi du coup. Ça change énormément par rapport à 2012, où ce passage était le plus humide et boueux. On arrive à Mare à Boue au bout de 12h de course, on a récupéré 2h sur la barrière horaire. On se ravitaille correctement, rougail saucisse notamment. Margarette a des ampoules qui commencent à poindre, ses semelles faites récemment semblent avoir modifié les points d’appuis dans la chaussure, mais elle ne se plaint pas. Le temps est doux, pas trop de soleil, tout va bien. Prochaine étape, Cilaos avec la possibilité de se changer et de se restaurer correctement.
Nous y arrivons à 15h26, 2h15 d’avance sur la BH. Le rythme est régulier, la descente vers Cilaos s’est bien passée, les filles préfèrent marcher pour se préserver mais les douleurs dues aux ampoules commencent à se faire sentir.
A Cilaos, les filles partent aux soins, massage pour Mu et podologue pour Margarette. J’en profite pour me changer, le temps est doux et pas besoin de se couvrir pour la deuxième nuit qui arrive. Nous restons environ 3/4h, après un repas moyen, nous repartons pour la seconde nuit. Le Taibit arrive, environ 1000 m d’ascension !! Et derrière, le cirque de Mafat.
L’ascension est longue et difficile pour Muriel qui commence à avoir quelques signes de fatigue. Malheureusement, on n’a pas assez d’avance pour envisager sereinement un arrêt pour dormir et surtout, le prochain ravito est à Marla, à environ 1600 m d’altitude avec un risque de températures froides (en 2012, Fred n’avait pas pu dormir à cause du froid). Finalement, la fatigue de Muriel est trop importante pour ne pas s’arrêter là. Tant pis, même si on ne dort pas, on pourra se reposer. Nous nous installons donc tous les 3 à la belle étoile, sous notre couverture de survie (première fois que je l’utilise !) et une couverture en laine. Mais il fait froid et à l’intérieur des couvertures, la chaleur forme de la vapeur d’eau qui nous refroidit. Au bout de 3/4h, nous repartons sans avoir vraiment dormi. La suite est un peu difficile pour Muriel, un appel à son mari qques km devant nous lui redonne suffisamment de force pour ne pas lâcher et suivre le rythme. Progressivement, malgré tout, le rythme des filles diminue, alors que j’avance bien. On décide donc que je les attendrai aux ravitos suivants à chaque fois, ce qui explique les différences de pointage. Dans la nuit, un appel, Estelle qui ne dort pas et qui est scotchée sur l’ordi m’appelle. Ça fait un bien fou de lui parler, elle me dit que tout le monde nous suit sur le forum. Nous arrivons finalement à Ilet à Bourse au lever de soleil du samedi avec 10 mn d’écart. Je propose une pause sommeil de 45 mn. Elle permet à tout le monde de se reposer car s’annonce l’un des gros morceaux de la course, la sortie de Mafate par le Mur de Maido, 1500 m d’ascension ! Le pied de l’ascension est à Roche Plate. J’y arrive à 10h, les filles 1/2h après. Pour info, on a passé la barre symbolique des 100 km. Seb est inquiet, il pense qu’on est trop juste pour la barrière horaire. On part juste avant la fermeture du ravito et le prochain pointage est 4h après. On a le temps, on attaque donc la montée, en pleine chaleur. Ça va être dur ! Chacun part à son rythme. Il fait chaud, je monte régulièrement, mais c’est long, on ne voit pas le bout. Par contre, les paysages sont magnifiques, plus on monte et plus on découvre la beauté du cirque de Mafate. Rien que ces vues méritent les efforts que l’on déploie depuis maintenant plus de 30h. Les filles sont derrière, je ne les vois pas mais je sais qu’elles avancent. Une autre bonne surprise, un appel de Phil. Ca fait super plaisir, on discute qques minutes, il fait chaud et c’est dur, mais ça donne la pêche de se savoir suivi par tout ce monde.
La fin de l’ascension se profile, il fait tellement chaud que j’ai fini mes 2 bidons et je demande aux personnes que je croise un peu d’eau. Et personne ne refuse, tout le monde nous encourage.
J’arrive finalement en haut, encouragé par une foule de spectateurs, le ravito et le pointage sont 3 km plus loin au 112ème km. J’y arrive avec 2h d’avance sur la BH. A partir de là, plus d’inquiétude avec ces foutues BH, à part une blessure, je sais qu’on va aller au bout. A ce ravito, nous récupérons les sacs pour la seconde fois, nous pourrons nous changer. Les filles sont régulières, elles arrivent 30 mn après moi. Nous pouvons nous laver un peu, nous changer une nouvelle fois et même nous reposer un peu en essayant de fermer les yeux.
De là, on attaque une descente du près de 1800 m sur 14 km, mais les filles ne sont plus en état de courir, on se sépare donc comme depuis un moment maintenant. Le début du chemin est difficile, ça monte et ça descend régulièrement et c’est chiant. A partir d’Ilet Alcide, le chemin devient plus roulant et je peux à nouveau courir. Je me rends compte que tout va bien, les jambes sont un peu raides mais pas de douleur, de signes d’ampoules. Je descends donc à un bon rythme, je double plein de monde. Depuis le premier pointage, j’ai repris environ 500 places ! J’arrive à Sans soucis juste avant 18h. Je me souviens de ce pointage, en 2012, nous y avions dégusté des crêpes et on avait même acheté une glace et bus un Orangina, tellement nous avions marre du coca. Eh bien, surprise, il y a encore des crêpes et pas la queue. Ça fait plaisir de manger autre chose.  Les filles gardent leur rythme, elles arrivent 1/2 h après.
La suite est un peu plus difficile, nous attaquons la 3ème et dernière nuit. La fatigue est là et le chemin vers le ravito suivant est long, 10 km. Un nouvel appel d’Estelle dans la nuit, chouette, elle ne dort pas beaucoup ! A ce ravito, j’en profite pour me gaver de saucisses au barbecue, quel délice ! Comme d’hab, les filles arrivent tranquillement ensuite.
Par contre, le tronçon suivant « chemin ratineau – possession école » est carrément chiant. Nous passons par la forêt de Kala. Et là, franchement, c’est dur. Ça monte, ça descend dans des rochers, on s’accroche aux branches pour ne pas tomber dans les descentes, on a chaud, il fait nuit noire, on a rejoint les coureurs du Raid du Bourbon. C’est un passage difficile pour les organismes. Il faut être fort pour passer là après 140 km et bientôt 50h de course. On a appris que Francois est arrivé depuis qques heures, bravo à lui, Fred va bientôt arriver et nous on continue tranquillement. On a appris plus tôt que Laurence n’avait pas pu aller au bout à cause de la BH, dommage pour elle. J’arrive finalement à Possession école à 1h31, plus besoin de regarder les BH, je suis large !! Les filles suivent à 20mn. On va attaquer le dernier gros morceau, le chemin des anglais, 2 grosses bosses avec des gros cailloux noirs. Je me souviens très bien de ce passage. Il faut débrancher le cerveau et suivre l’allée centrale en essayant de marcher sur les pierres alignées. Sauf qu’à certains endroits, les pierres sont absentes ou présentent des bords saillants, ça fait super mal aux pieds. Mais on avance tant bien que mal. Le plus difficile restent les descentes qui se font en marchant de pierres en pierres, malheureusement pas alignées harmonieusement.
Il nous reste une dernière montée vers Colorado. Le soleil se lève pour la 3ème fois, la fatigue se fait bien sentir mais on sait qu’on va de toute façon finir la course. Il n’y a pas d’objectif temps, l’essentiel est d’arriver à la Redoute.
La dernière montée est longue et fatigante, nous arrivons à Colorado à 8h25, tous les 3. Margarette a très mal aux pieds, ses ampoules la handicapent très douloureusement, mais elle avance à bon rythme. Elle décide d’enlever ses semelles. Et ça va aussitôt mieux, elle arrive à courir et part devant nous. La descente vers la Redoute est très technique, beaucoup de racines, de grosses pierres. Il a plu fortement quelques heures avant notre passage et le sol est boueux et glissant. Malgré tout, on descend bien. Progressivement, je lâche les filles et enfin, je vois le stade de la Redoute tant attendu. Il fait très chaud, il est bientôt 10h, ça cogne sévère !! J’arrive en bas de la dernière difficulté et j’attends les filles qui arrivent ¼ h après, j’ai eu le temps de discuter avec les spectateurs qui ne comprenaient pas pourquoi je m’arrêtais à même pas 1 km de l’arrivée.
Pour les derniers hectomètres, nous reprenons la course, nous retrouvons François et Fred à qques mètres de l’entrée du stade. Ils nous escortent en courant jusqu’à cette fameuse ligne d’arrivée tant espérée.
Au final, 60h 06mn 13secondes d’efforts, de sueurs, de douleurs, de paysages magnifiques, mais aussi de bonheur partagé avec les filles.
Enfin, pour ne pas oublier, un grand merci à Estelle, Seb, Phil, Brice et tous les autres qui durant toute la course nous ont soutenus, envoyé des SMS. Quel plaisir cela a été vous lire sur les pages du forum, vous n’imaginez pas ce que cela représente pour nous.
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francoisl
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Sam 21 Nov - 9:05

thumright vous avez été autant obsédé par les barrières horaires que moi par mes petits beurres! Very Happy
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Yan Lent'arteur
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Sam 21 Nov - 18:42

Quelle aventure !... salut


Et merci pour ces CR qui donnent des émotions...
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stephan
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Sam 21 Nov - 19:23

Je confirme ... vous êtes des grand malades mais ... ne vous laissez pas soigner Mr.Red

Bravo, vous nous faites voyager et rêver cheers
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Yoyo de Bonnée
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Date d'inscription : 19/10/2014

MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Sam 21 Nov - 20:13

Une belle aventure humaine, au-delà de la performance physique... Merci pour vos comptes-rendus, et encore bravo salut
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Hub
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Dim 22 Nov - 16:45

Après ça, vous allez trouver que l'épreuve du 15 août, au bord de la Durance, est bien facile ! cheers
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Mag
Bavard
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 23 Nov - 15:50

Après le CR de Christophe, je confirme mon envie de faire cette course avec vous....... si vous y retournez.
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francoisl
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 23 Nov - 16:04

Mag a écrit:
Après le CR de Christophe, je confirme mon envie de faire cette course avec vous....... si vous y retournez.
C'est prévu t'inquiète!
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CHRISTOPHE H
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MessageSujet: Re: Grand raid 2015   Lun 23 Nov - 22:29

Mag a écrit:
Après le CR de Christophe, je confirme mon envie de faire cette course avec vous....... si vous y retournez.

Ce serait avec plaisir Very Happy Very Happy
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