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 UTMB® 2015

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Yan Lent'arteur
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 1 Sep - 9:32

Pfffiou...

Quels guerriers ! rambo

J'ai hâte de lire vos CR... Wink
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trinatmath
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 1 Sep - 12:27

Un article qui laisse réfléchir et qui ne me démérite en rien vos performances: http://www.trimes.org/2015/08/31/la-chronic-de-xa-de-balmat-a-lutmb-la-montagne-prostituee/
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CHRISTOPHE H
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 8 Sep - 9:44

certains l'attendaient, voici le récit de ma course, bonne lecture :

Pour commencer le récit de ma course, il faut dire que je n’étais pas super bien préparé. Les montagnes orléanaises n’aident pas vraiment à s’entrainer. En juillet, j’avais prévu pendant mon séjour en Pologne de faire du dénivelé mais une méchante gastro (ou intox alimentaire) m’a mis sur le flanc pour 3 bonnes semaines donc pas idéal comme prépa pour ce type de course. Mais je ne suis pas trop inquiet, peut-être trop optimiste mais même si le manque d'entrainement peut être un handicape je sais que la volonté est ce qui est le plus important. Et de la volonté, je n'en manque pas
Donc, le moral est bon, le temps annoncé est sec, voire chaud ce qui change des dernières éditions humides ou neigeuses (2012). Ca s’annonce mieux qu’en 2010, où j’avais déjà pris le départ de l’UTMB mais stoppé à St Gervais comme l’ensemble des coureurs pour une météo trop dangereuse. Nous avons plus ou moins prévu de faire course commune avec Seb, du moins de voir au fur et à mesure comment cela se passe. C’est vrai que courir ce type d’épreuve à 2 est rassurant, je l’ai déjà expérimenté à la Réunion en 2012.
Donc, arrivée à Chamonix mercredi AM pour le retrait des dossards, Margarette court l’OCC dès le lendemain matin avec Mag.
Jeudi, nous assurons donc, François, Laurence, Seb, Morgane et moi, l’assistance et le suivi de nos 2 traileuses. Elles ont décidé de faire course commune et de voir comment cela se passe. Les premières heures se passent effectivement ensemble puis progressivement, la technique de descente de Margarette lui fait prendre un peu d’écart. A Vallorcine, le podium V2 se profile pour Margarette, elle est 5ème et la 3ème doit être à moins de 5 min. Elle bénéficie donc de conseils "appuyés" pour combler cet écart. Elle arrive finalement à la rattraper avant la dernière ascension, se refait doubler pour finalement la « manger » dans la dernière descente. Elle finit donc sur le podium, Mag arrive qques minutes après. Bravo à elles deux.
A nous de jouer dès le lendemain. Le départ est prévu à 18h, la météo annonce de grosses chaleurs pour le départ et pour les jours suivants. C’est à chaque fois assez impression de voir tout ce monde (2500 coureurs) sur la place de Chamonix et de partir sous la musique et les applaudissements des spectateurs. Le départ est donné comme prévu à 18h, les premiers 8 km jusqu’aux Houches sont assez roulants, alternance de faux plats, de montées- descentes, François part plus vite que moi et Seb puis vient la première ascension jusqu’au Delevret, + 800m de dénivelé positif. On sort les bâtons et on avance au train. On a tous les 3 nos petits papiers avec le profil, les temps estimés et les fameuses barrières horaires qu’il faut surveiller dès le départ.
On a prévu un idéal de temps de course en 40h, sans trop savoir si c’est prétentieux ou large. On verra au fur et à mesure de la course et surtout de l’état de forme.
La première ascension se passe bien, on arrive avec Seb et on a 40 mn d’avance sur l’estimation. Puis la première vraie descente vers St Gervais où on doit voir nos accompagnatrices. Tout se passe bien, on gagne encore du temps sur les prévisions : + 50 mn sur l’estimation et 1h10 d’avance sur la barrière horaire. Le temps de faire le plein d’eau, un peu de ravito, un bisou aux chéries et on repart vers les Contamines. Le profil est montant et descendant, on se perd un peu de vue avec Seb mais on a prévu de s’attendre au ravito suivant. J’arrive aux Contamines à 22h38, avec 1h d’avance et j’attends Seb qui n’arrive pas immédiatement. Il arrive un peu moins de 10mn après et m’annonce qu’il veut dormir un peu. Il parait effectivement un peu pâlot. Je lui dis que c’est un peu tôt et qu’il devrait attendre un peu plus pour dormir plus longtemps. Mais il préfère aller s’allonger, il me dit de partir et on fera le point à Courmayeur. Malheureusement, vous connaissez la suite.
Je repars donc seul, je vous passe les montées descentes successives. Je garde le rythme, alternant les montées, notamment un + 800m à 16% vers la Croix du Col du Bonhomme, km 44 où je passe à 2h du matin le samedi, soit toujours 1h d’avance sur les prévisions et + de 2h d’avance sur la barrière horaire.
Une fois le Col de la Seigne passé, se profile un nouveau bout de parcours : le col des pyramides calcaires ! L’organisation avait expliqué ce rajout par l’envie sois disant de passer les + 10000 en dénivelé et d’éviter que chaque année, le record soit battu ! OK, ça c’est valable pour les très costauds, ceux de devant, qu’on voit à peine au départ et ensuite à la télé ou dans les journaux. Pour nous, pauvres traileurs, ce fut une belle galère. Une descente puis une montée dans un champ de pierres, les appuis sont instables, on perd du temps, total, je commence à perdre l’avance sur mon programme. J’arrive au lac Combal avec seulement 15 mn d’avance mais pas d’inquiétude par rapport à la barrière.
Le jour s’est levé et en même temps le soleil, on commence dès le matin à sentir qu’il va faire chaud ! Après le lac, la montée vers l’Arrête du Mont Favre à 2 419 m puis une descente de + 1000 D- vers Courmayeur où j’arrive à 10h11. J’ai 30mn de retard sur mon estimation, ce qui n’est pas trop mal. Le bilan global est bon, pas trop de bobos, les jambes vont bien, je ne suis tombé qu’une fois sans gravité, à priori pas d’ampoule, mais je sens que qques ongles de pieds sont abimés.
Je retrouve Margarette qui va s’occuper de moi pendant 40mn. J’apprends là que Seb a été stoppé par la barrière au Lac Combal, tout le monde est super déçu !
Je me change, un coup de Nok sur les pieds, je n’arrive pas à manger beaucoup, mais je me suis régulièrement alimenté aux différents ravitos. Je me rends compte comme souvent, que j’ai pris trop de barres, gels avec moi, mais c’est aussi une sécurité en cas de défaillance.
Je repars donc à 10h53, prêt à attaquer la deuxième grosse partie de la course. Beaucoup disent que la course commence réellement là !.
On attaque d’emblée par une grosse montée vers le refuge Bertone, + 545 m à 11% et en plein soleil. S’ensuit une longue partie faite de montée et descente pas trop importantes mais assez fatiguantes pour arriver au pied de l’ascension du grand col ferret, à 2528 m. François me fait dire qu’il faut bien se charger en eau car la montée se fait en plein soleil et il fait bien chaud. C’est une montée assez longue avec un premier « plateau » où les novices pensent être arrivés mais de là on voit jusqu’où il faut réellement aller soit beaucoup plus haut. J’y arrive à 17h17, soit avec 1h de retard sur mon estimation, je commence à peiner et avoir du mal dans les descentes. Les cuisses deviennent dures et il est de plus en plus difficile de courir dans ces cas-là.
Puis vient la longue descente vers la Fouly et la remontée vers Champex où je vais revoir mes accompagnateurs. On commence également à attaquer la seconde nuit. Je me sens bien, pas trop fatigué, pas du tout envie de dormir, juste mal aux pieds et des jambes raides dans les descentes. Par contre, pour les montées ça va même très bien !
J’arrive au Praz du Fort et de là on aperçoit les lumières de Champex. Ça ne parait pas loin, même si je me méfie de ces impressions. Et je commence à monter, à bonne allure, avec un bon train. J'emmène un groupe de coureurs que je lâche finalement. Mais que c'est long d'arriver au ravito. En plus, je connais l'endroit puisqu'on y est passé pour la course de Margarette. J'arrive finalement en courant à Champex, j'y retrouve mes fidèles accompagnateurs et Seb qui malgré la déception a choisi de nous suivre autant que possible. Leur présence me fait du bien, je ne suis pas fatigué, pas envie de dormir malgré les 28h de course, la seconde nuit déjà entamée. Ca me rassure. Ils m’accompagnent un petit bout de chemin, le long du lac puis je pars, dans la nuit. On se revoit qques heures après à Trient pour la dernière fois avant l’arrivée.
Ensuite vient la montée vers La Giète puis la descente sur Trient. J’y arrive en trottinant, manquant de rater ma chérie, c'est Morgane qui me devine dans la nuit. Pendant cette montée – descente, mon esprit a commencé à imaginer une petite pause sommeil de 15 min, histoire de voir si ça ne ferait pas un peu de bien. Du coup, j’arrive à Trient et je semble plus fatigué. Je n’ai pas envie de m’allonger au poste de secours où sont les lits, je veux refaire le plein en eau et ne pas trop perdre de temps. En fait, j’ai peur qu’en m’allongeant vraiment, j’ai du mal ensuite à repartir. Je décide donc de m’allonger sur un banc dans la salle de ravito. Margarette me masse les cuisses et j’ai même droit à un petit massage du visage. Je n’arrive pas à dormir mais je me repose finalement bien.
Je repars en bonne forme, tout à l'air de bien fonctionner.
Un point tout de même, mon ami Fred m'avait parlé d'hallucinations visuelles dues à la fatigue. Et bien, je confirme, ça existe. J'ai plusieurs fois cru voir des choses, tout en me disant que ce n'est pas réel : des personnes dans les bois, des voitures, des télés... C'est assez flippant surtout quand on a encore la lucidité de se dire qu'on rêve.
S’ensuit alors une longue et difficile montée vers Catogne (une des plus difficiles, faite d’escalade de rochers). Je ne regarde plus trop mes estimations, uniquement les barrières horaires. Mais j’ai de l’avance. Durant la descente, le soleil se lève sur la dernière journée, ça fait du bien. Par contre, la descente vers Vallorcine est très technique, pas mal de racines et de pierre sur le chemin. J’en viens à envier les capacités de descendeuse de Margarette !! Je ne descends vraiment pas vite, trop peur de la chute et de la blessure.
J’arrive à Vallorcine à 7h43, j’ai 3h de retard sur mon estimation, pas grave, 2h30 d’avance sur la BH.
J’ai un objectif tout de même, il me reste l’ascension de la Tête aux Vents, + 890m à 12% et ensuite une longue descente de 11km vers Chamonix. J’aimerai bien arriver avant 43h.
Je ne reste donc que qques minutes à Vallorcine, histoire de charger en eau et coca et je repars. Je trace super vite jusqu’au Col des Montées dans l’idée d’attaquer rapidement la dernière ascension. J’arrive en haut assez rapidement, une heure approximativement. Pour m’aider, je compte le nombre de virages pour arriver en haut = + de 100 !!
Arrivé là, il reste encore une difficulté et pas la moindre. Seb n’avait pas aimé l’année dernière à la CCC, le passage entre la Tête aux Vents et la Flégère ! Eh bien, je ne vais pas aimer non plus cette année. C’est un parcours de 3 km, consistant en une succession de bloc de pierres, de chemins truffés de cailloux… Après 40h de course, j’ai mal aux cuisses et donc des difficultés pour ces passages très techniques. Je progresse donc lentement mais le moral est bon, la fin est proche. Et en plus, je sais que Margarette a prévu de me rejoindre pour m’accompagner dans la dernière descente. Je la guette donc.
Je l’aperçois finalement sur la terrasse d’un restaurant, elle m’appelle de loin, ça fait du bien !! mais ma progression est vraiment lente, en plus, le chemin pour le dernier ravito est pas simple, une dernière montée pour en profiter.
Finalement, j’arrive à la Flégère, dernier ravito avant l’arrivée à 11h21, 3h20 avant la BH, c’est cool !!
On attaque la dernière descente, sur 8 km. Les 4 premiers km sont raides, dans des chemins faits de cailloux, de racines, je progresse donc lentement. Je n’essaye même pas de courir. Margarette m’encourage, discute avec les autres traileurs, les encourage aussi.
J’arrive à reprendre une foulée qui ressemble à de la course à partir du restaurant qui signale le début d’un chemin plus facile pour moi. J’arrive à trottiner jusqu’aux faubourgs de Chamonix, ça sent bon la fin de cette superbe épreuve.
Le passage dans les rues de Chamonix est un moment à part, les encouragements des spectateurs fait presque oublier les douleurs des jambes et la fatigue. Je parcours ces derniers mètres avec Margarette et nous franchissons ensemble la ligne d’arrivée à 13h04, soit un temps de 43h03mn et 44s.
Je n’ai pas réussi mon objectif de 42h et qques, encore moins de 40h mais je m’en fous royalement. Uniquement content d’avoir réussi, d’être parmi les 1600 finishers (900 abandons !).
Le bilan final est bon, pas de blessure, des pieds un peu abimés mais pas plus que d'habitude, même moins d'ampoules que prévu, signe que la préparation a été bonne. Une bonne gestion de l'alimentation et de la boisson, jamais de fringale ou dans le rouge. Et moralement, toujours OK, jamais d'envie d'abandonner.
Au final, très content, ça faisait longtemps que j’avais envie de faire cette course. Content d’y être arrivé malgré le peu d’entrainement, déçu pour Seb piégé par les barrières hiraires, content d’avoir géré le sommeil, ça va me servir pour la prochaine échéance du mois d’octobre : le grand raid de la réunion, autrement appelé « diagonale des fous » mais cette fois, accompagné de Margarette. Merci à elle de m’avoir accompagné durant ces 43h. Merci à Seb, malgré la déception, Mag, Morgane et Laurence de m'avoir accompagné et soutenu durant cette course. Bravo à François pour sa course, un moment j'ai espéré qu'on se croise à Courmayeur, mais c'était finalement pas possible. Une attention et des remerciements particuliers à Mumu et Fred, qui tout au long du week-end ont su nous encourager tous les 6 et nous ont accueilli chez eux pour le désormais traditionnel repas et repos post-course.
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stephan
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 8 Sep - 10:55

Waou … vous êtes des Warriors rambo rambo

Je suis très admiratif +++

Bisous aux bargeots Mr. Green
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AMV
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 8 Sep - 12:52

A te lire ça a vraiment l'air facile. Vous allez vous ennuyer à la diagonale du Fou, non ?
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francoisl
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 8 Sep - 15:50

beau compte rendu! je serais le dernier mais je vais profiter d'une nuit d'hotel pour m'y mettre promis.
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doc fish
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 8 Sep - 16:42

Enorme... Mr. Green salut salut
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Brice GILLAIZEAU
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 8 Sep - 16:46

Respects CHAMPION……..plus de 40h a courir dans la montagne affraid ……..il faut être un peu malade quand même thumleft salut joker cheers
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CHRISTOPHE H
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 8 Sep - 17:54

AMV a écrit:
A te lire ça a vraiment l'air facile. Vous allez vous ennuyer à la diagonale du Fou, non ?

en fait, à distance, j'ai tendance à occulter les mauvais moments et à ne retenir que les bons. Mais je te rassure, c'est très très dur tout de même !!
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Yan Lent'arteur
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 8 Sep - 19:03

Nan mais juste une course de 43H, quoi !!!...  Shocked

Respect total...  salut
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francoisl
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 8 Sep - 22:19

Prologue : Pourquoi cette course, pourquoi aussi long pourquoi une nouvelle fois dans cette vallée. La faute à Seb qui ne savait pas quoi faire de ses 8 points et pas question de le laisser tout seul, à la beauté de ces montagnes, et puis surtout le plaisir de passer une petite semaine en bonne compagnie. La préparation s’est résumée à celle d’un asfasien assidu qui nage court et pédale. Rien de plus si ce n’est un gros et beau week-end de rando/course dans les montagnes de Michel, une sortie à Fontainebleau et un enchainement de 4 gros week-end progressif, du CD au half en passant par un trail de 42kms et pour finir par un 70kms dans la Vanoise. Au final je suis en forme, quelques petits soucis de voute plantaire, de petite tendinite qui auront été efficacement soigné. En forme donc, envie de la courir cette foutue course auquel je fini par trop penser. Juste peut-être un peu fatigué par pas mal de déplacements professionnels. Arrivé quelques jours avant pour accompagner un pote au départ de la TDS puis pour suivre les filles sur l’OCC comme je l’avais fait l’an passé. J’adore ça, on passe d’un ravito à l’autre, d’une vallée à l’autre, on encourage, on supporte, on contrôle les positions, on apporte un peu de viande fumée, de l’eau gazeuse en haut d’un col, on pousse Maguy vers un podium, on attend à l’arrivée, on boit des bières, on stress un peu et puis on voit tout le monde sur la ligne finale. Bien sur ce n’est pas la journée idéale d’avant course les pieds en l’air mais c’est tellement plus vivant.
La course : Départ 18h, c’est long d’attendre toute une journée alors arrivé au départ je n’ai qu’une envie c’est de partir ! Pas beaucoup d’émotion pour moi au départ, il parait que je suis dans une petite bulle déjà depuis quelques heures. Je n’ai pas de crainte sur mes possibilités de finir cette course, j’y crois, je redoute juste le truc imparable, la blessure, la grosse chute, le gros souci gastrique qui me ferait mettre le clignotant. Pour le reste je sais que j’ai un gros mental et que plus que le physique c’est ça qui permet de rallier l’arrivée. On n’arrive pas à bien se placer sur la ligne et même si ça n’a que peu d’importance je m’oblige à partir vite. J’ai envie d’être seul, de ne plus être entouré par ce flot de coureurs, la montagne, l’effort et moi. J’ai divisé la course en 3 parties. La première que je ne connais pas jusqu’à Courmayeur où je dois arriver en début de matinée. La deuxième jusqu’à Champex qui va se courir sous la chaleur et où il ne faudra pas trop en laisser car la majorité des abandons se font là. Et puis ensuite la dernière nuit. Je ne vais pas refaire toute la course, Christophe la déjà raconté. J’ai douté dans la première descente sur St Gervais, l’impression de me détruire les cuisses après seulement 20kms. Mais où sont passé toutes ces séances de fentes, de squats, ce week-end avec Michel ? J’ai les quadri pétés ! Et puis sortie de ravito, j’ai mal au bide. Petit arrêt en forêt pour me soulager et ça repart. Je n’arrive pas bien à m’alimenter et dans l’ascension du col du bonhomme je vomi une première fois. Et le doute s’installe, je sais que l’alimentation est une des clefs pour réussir ces courses et j’ai habituellement un estomac bien tolérant. Michel m’a même qualifié de cimetière à poulet. J’arrive à boire et a absorber des gels mais rien d’autre ne passe. Un bon gros coup de pied dans un rocher m’explose le gros orteil droit, putain ça fait mal, j’écris ça avec toujours des pansements et du mal à mettre une chaussure. Je trimballe des barres pour rien et je me trouve à cours de gel pour la petite plaisanterie des pyramides calcaires ajouté cette année au parcours. Un concurrent m’en passe un qui me permettra de trouver un peu de jus pour attendre ma soupe au vermicelle qui m’attend au lac Combal. Soupe, gel, eau gazeuse, coca parfois une bouché d’un truc solide, c’est juste, mais ça tiens. La première nuit touche à sa fin, elle était belle ! Pleine lune, et dans des paysages minéraux qui permettent même de couper la frontale, et enfin seul. Un des plus beaux moments pour moi que ce lever de soleil, une étape est franchie, les filles m’attendent à Courmayeur, je suis bien calé sur mon timing. Mon pote Fred, en savant mathématicien m’a fait un tableau de mes temps de passages prévisionnel et table sur un total de 36h. Je ne veux pas le faire mentir. Camille qui est resté à la maison, elle bosse, m’avait envoyé un message en me demandant combien de temps en voiture pour aller à Chamonix ? Je n’y avais pas répondu mais depuis des heures j’y pense. Serait elle aussi conne que son père et capable de sauter dans sa twingo pour me faire une surprise ? Non impossible, on a parfois des envies débiles mais ensuite on retrouve la raison ! J’arrive sur le gros ravito, je récupère mon sac de change et là qui je découvre pour s’occuper de moi ? Ben oui, ma fille qui vient prendre soin de son papa, c’est chouette non ! Je me change complètement, découvre que j’aurai du me vaseliner les fesses, que je ne peux toujours pas avaler une belle assiette de pattes italiennes. Laurence, Maguy, Mag et Morgane sont là aussi et ça fait du bien. J’envoie un message rapide aux gars pour les encourager et leur dire que je ne les attends pas ! Ça fait un bien fou de voir des amis, ça requinque, ça force aussi à donner une bonne impression, à ne pas les inquiéter pour la suite. Et en fait je vais bien, j’ai un peu mal aux pattes, je suis un peu fatigué mais c’est bien ça que je suis venu chercher non ? Je repars vaillant et pense déjà à notre nouvelle rencontre à Champex. Dure journée sous un soleil de plomb, je ne sais pas combien de litre de flotte, de soupe j’ai avalé, je cuis doucement au soleil mais j’avance et je suis toujours dans les temps. Et puis Camille est là et je ne peux plus abandonné. Arrivé à la Fouly, un gros doute s’installe, je suis livide et je ne me vois pas repartir pour encore 70 kms comme ça. Un bénévole voit bien ma détresse et me propose de me réveiller dans 15’. Cette micro sieste me fera du bien et me permettra de repartir. Je note un début de tendinite sur le releveur droit mais rien de terrible et comme dirait mon kiné les endorphines font le reste. Et puis les filles ne sont plus très loin maintenant, juste cette putain de montée dans le village qui semble interminable. Une bonne gorgée de bière m’attend et Seb est là aussi. J’ai été attristé par son abandon, ça gâche un peu la fête mais il passe outre sa déception pour être avec nous et nous supporter. Il m’accompagne même un peu en trottinant sur les premiers kms. Il reste 50 bornes et trois grosses difficultés. Je décide de les prendre une par une. La première sera sans doute la plus dure, un jeune m’accompagne plein d’ardeur et sans doute un peu euphorique. Il me dit que c’est maintenant qu’il faut accélérer et se mettre dans le rouge pour finir fort, il a dû fumer un truc bizarre ! J’ai beau lui dire qu’il nous reste au bas mot 10 à 12h de course rien n’y fait. On monte vite à la suite d’espagnol mais il lâchera prise, l’euphorie passé. Arrivée à Trient, une nouvelle fois tous nos suiveurs sont là ! Je ne suis pas trop mal, j’ai perdu un peu de temps sur mes prévisions mais ça n’a plus beaucoup d’importance. Je décide d’envoyer mes deux femmes au lit et de ne les retrouver qu’à l’arrivée ça leur laisse une petite nuit pour récupérer. Il est minuit passé, j’en ai encore pour 8h, mais je sais que j’y arriverai, juste rester concentré et éviter de se tordre un truc et je gagne des places, pres de 100 places comme quoi y’en a qui sont dans la detresse. Ca monte et puis ça descend c’est comme depuis maintenant une trentaine d’heure. Et voilà Vallorcine après cette descente si cassante et difficile. C’est assez étrange tous ces regards hagards entre coureurs, on sent bien la fatigue qui marque les visages et aussi l’envie d’en finir. J’en ai plein le c.. du coca, de l’eau gazeuse, je rêve d’une bière ou de n’importe quoi d’autre. Je repartirai avec du thé. Col des Montées roulant et facile et ensuite la grosse montée sur la tête au vent. La plus dure, la plus technique mais ça sent bon ! Et puis j’ai la chance de me trouver dans un petit groupe qui monte vite, je suis, je m’accroche, aucune pause et pourtant ça aura duré 3h ! Le temps devient depuis un moment un paramètre différent, il passe mais j’en suis déconnecté, des petites visions apparaissent, je me demande si je rêve ou si j’ai vu ou vécu certaines choses. Et la voilà cette tête au vent, 1000m de D+ et le soleil qui pointe. C’est beau, et ça sent bon ! Le petit groupe se disloque, je crois halluciner en voyant certains partir comme des fous. Ils sentent l’écurie, ils ont envie de passer sous les 38h ? Je n’en sais rien mais j’en vois retrouver des forces et prendre des risques assez incroyables ! Je prends le temps d’une photo et en route pour le dernier ravito, on le voit mais encore une heure nécessaire pour l’atteindre. Il reste ensuite encore 8kms de descente, d’abord tortueuse puis ensuite très roulante. Je cours, je cours vite même, les pieds font mal, la tendinite n’a pas disparue, Je retrouve mon copain Seb sur les derniers kms. Je cours, je suis bien, j’ai juste soif et envie de m’arrêter, de retirer mes pompes, prendre une douche, embrasser ceux qui m’ont suivi, dormir un peu, manger. Je retrouve Camille qui va m’accompagner les derniers mètres, pas d’émotion particulière, ça viendra plus tard, juste le plaisir d’avoir fait ce que j’étais venu faire.
Epilogue : Pourquoi ? 170kms, 38h, pour trouver une réponse que je n’ai toujours pas. Pourquoi s’infliger tant de souffrance parfois, pour pouvoir dire je l’ai fait ? J’espère que non, que c’est plus profond, que ça a plus de sens, que ça ne se résume pas en un concourt de celui qui a la plus longue. Peut-être pour ce lever de soleil sur le lac Combal, peut-être parce que c’est intéressant et jouissif de jouer un peu avec son corps quand on a la chance de ne pas être malade ou mort et surement pour le regard de ma fille sur son papa à l’arrivée. Voilà c’était long, peut-être un peu chiant, mais un dossard pendant 38 méritait ça. Ah oui dernière chose, j’entends souvent parler de courage pour finir ces courses et ça m’agace, obstination, ténacité, force, persévérance, abnégation oui mais courage définitivement non.
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PHIL
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 8 Sep - 23:05

Sad c'est beau !
tu te rappelles de mon coup de fil pendant ta course ou tu dormais en courant?

_________________
PHIL
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stephan
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mar 8 Sep - 23:28

Superbe récit ... très humain donc émouvant

Bravo I love you
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francoisl
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mer 9 Sep - 7:56

PHIL a écrit:
Sad  c'est beau !
tu te rappelles de mon coup de fil pendant ta course ou tu dormais en courant?
Je m'en souvient parfaitement c'était a la sortie de courmayeur tu te réveillais et tes premières pensees étaient pour moi . Tres touchant! 😍
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PHIL
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   Mer 9 Sep - 9:31

francoisl a écrit:
PHIL a écrit:
Sad  c'est beau !
tu te rappelles de mon coup de fil pendant ta course ou tu dormais en courant?
Je m'en souvient parfaitement c'était a la sortie de courmayeur tu te réveillais et tes premières pensees étaient pour moi . Tres touchant! 😍

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PHIL
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MessageSujet: Re: UTMB® 2015   

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UTMB® 2015
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